Michael Gregorio: «Céline Dion m'impressionne»
La tournée de Michael Gregorio passera par Vevey le 8 décembre et Morges en février 2009.A 24 ans, il est la nouvelle sensation parmi les imitateurs. Jeudi, Michael Gregorio était interviewé par «20 minutes» dans «Les patriotes» sur Rouge FM.
20minutes.ch. : Le 9 juillet, vous serez en première partie de Céline Dion au Stade de Genève. L'imitez-vous?
Michael Gregorio. Pas du tout. Cela dit, comme Genève sera la douzième et dernière date que je ferai avec elle, sa voix commence à bien me rentrer dans la tête. Peut-être l'inclurai-je à ma propre tournée (n.d.l.r.: qui passera par le Théâtre de Vevey le 8 décembre, le Bataclan de Paris du 10 au 14 décembre, et le 27 février 2009 au Théâtre de Beausobre à Morges).
Que pensez-vous du spectacle de Céline Dion?
C'est un très beau concert, et un vrai show. Elle reprend des titres de son show à Las Vegas, elle inclut des tubes de son dernier album ainsi que les classiques signés Jean-Jacques Goldman.
L'avez-vous rencontrée en coulisses?
Oui, on s'est croisés. Mais je suis assez timide et réservé, donc je n'ai pas voulu la déranger trop longtemps. J'aime la regarder faire ses balances de voix avant le concert: elle est impressionnante. Une fois, on a parlé et elle m'a dit que c'était un honneur pour elle que je fasse sa première partie. C'était le monde à l'envers, car j'étais celui qui devait être honoré d'avoir été choisi pour faire partie de sa tournée!
Combien de voix à votre palmarès?
Je pense que j'en ai moins que les autres imitateurs. Je n'ai jamais fait le compte. Dans mon spectacle, il y en a une trentaine. Je pense qu'en tout, je dois en avoir entre cinquante et soixante.
Le succès, ça change quoi dans la vie?
Je vis ça plutôt pas mal. En même temps, je n'ai pas encore assez de recul pour m'en rendre compte. Côté financier, honnêtement, ça n'a pas changé des masses, car j'ai pris le parti de m'entourer de musiciens sur scène et d'écrans vidéo. Du coup le spectacle coûte très cher, mais pas à cause de mon cachet! Je gagnais mieux ma vie quand je faisais de l'événementiel en entreprise avec mes bandes-son.
Comment partez-vous à la pêche aux voix?
Il n'y a pas de règle. Cela peut prendre cinq minutes comme cela peut prendre des mois. Jacques Brel, j'ai mis énormément de temps pour la travailler et je la travaille encore aujourd'hui. En revanche, pour Renan Luce, l'une des dernières voix que j'ai à mon répertoire, ça m'a pris cinq minutes. J'ai tout de suite entendu le placement de son timbre.
Mis à part Renan Luce, quelles sont les dernières voix que vous imitez?
Christophe Willem, Christophe Maé, David Bowie, Tokio Hotel et peut-être Céline Dion bientôt.
Des voix se refusent-elles à vous?
Oui, bien sûr. Stevie Wonder par exemple. J'aimerais bien l'avoir, mais je n'y arrive pas.
Votre succès a-t-il changé le regard des filles sur vous?
(c'est une bonne blague ça ! )
Il faudrait leur demander! En même temps, je ne suis pas d'accord quand on dit «femme qui rit, à moitié dans son lit». C'est un mythe. Parce que pour parvenir à conquérir l'autre moitié, c'est vachement dur!
Les imitateurs à succès finissent tous par mettre des politiques à leur répertoire. Vous qui n'en imitez aucun, ne serez-vous pas obligé de vous y mettre à l'avenir?
Pour l'instant, ce n'est ni une envie ni un besoin. Et puis ça marque ma différence avec mes collègues justement.
Imitez-vous malgré tout Nicolas Sarkozy?
Non, pas du tout. En revanche, je trouve que Gérald Dahan, d'un point de vue visuel, et Danny Moreau, au niveau de la voix, y parviennent très bien.
Pascal Pellegrino, 20 minutes